COVID-19, le vrai du faux

Alors que depuis un an, nous sommes mobilisée pour lutter contre l’épidémie de Covid-19, nous menons un combat supplémentaire contre le fléau de la désinformation, dont les conséquences en temps de crise sanitaire peuvent s’avérer désastreuses si nous n’en prenons pas la mesure.

Ainsi, afin d’éviter toute confusion sur le virus, la campagne de vaccination, la nature du vaccin, ou encore le coût des tests de dépistage, il convient de revenir sur une part des fausses allégations qui ont été très largement relayées sur les réseaux sociaux, certains médias alternatifs et, parfois même, par les médias traditionnels et certaines personnalités politiques. 


  • Non, le formulaire de consentement à la vaccination n’est pas un document de 58 pages comme l’affirmait Gérard Larcher au début du mois de janvier.  


Le 6 janvier dernier, Gérard Larcher a fait part de son mécontentement après la réception d’un dossier vaccinal de 58 pages destiné à son père, résident en EHPAD. Il dénonçait alors, sur le plateau de l’émission « Les 4 vérités » de Télématin sur France 2, une bureaucratie incompréhensible », pour les personnes âgées. Seulement, le document auquel monsieur Larcher fait référence n’existe pas, ou bien, s’il existe, ne peut-être autre que le protocole de vaccination destiné aux professionnels travaillant dans les résidences pour personnes âgées. 


Le ministre de la santé a réagi sur le plateau du Grand Rendez-vous d’Europe 1, insistant : « aucun résident d’EHPAD de 85 ans en perte d’autonomie, ou autre, ne reçoit 58 pages de document lui expliquant comment organiser la logistique de la vaccination, avec quel matériel d’injection ! ». Par ailleurs, un document de 45 pages a, en effet, été envoyé dans le but de répondre aux questions des EHPAD - et non aux résidents et leur famille.


Le formulaire de consentement à la vaccination adressé aux résidents d’EHPAD est quant à lui, long d’une page. 


  • Les tests de dépistage sont pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie. 


Les tests PCR sont pris en charge par la sécurité sociale à 100%, et chacun peut se faire tester autant de fois qu’il le souhaite. La grande majorité des laboratoires dispensent de l’avance des frais : vous n’avez donc rien à débourser.


  • Combien coûte un test PCR à l’Assurance maladie ? 


L’Assurance maladie rembourse au laboratoire :


  • l’acte de technique, c’est à dire l’analyse PCR, dont le coût s’élève à 54 euros ;
  • l’acte du prélèvement qui lui, revient à 9.60 euros  ; 
  • auxquels il faut ajouter 4.50 euros, destinés à renseigner la base informatique qui permet de connaitre chaque soirs le nombre de cas confirmés en France, ainsi que d’autres frais versés aux laboratoire. 


Au total, un test PCR coûte près de 74 euros. Ainsi, sur la base d’un million de tests hebdomadaires, le coût pour la Sécurité sociale s’élève à 70 millions d’euros par semaine, soit 300 millions d’euros par mois.


  • Le protocole du collectif « Coordination santé libre » qui circule activement sur les réseaux sociaux n’a aucune validité scientifique, et est potentiellement dangereux. 


Dernièrement, un collectif médical sans légitimité institutionnelle, « Coordination santé libre », a diffusé via différents canaux un protocole à suivre en cas de positivité au SARS-CoV-2. Ce protocole dont la conformité n’a, à cette heure, pas été validée, est qualifié de « dangereux », « criminel » par une partie du corps médical.


Le collectif de médecins « No Fake Med » dont la mission est de lutter contre la désinformation dans le domaine de la santé a déclaré que « la présentation d’un protocole thérapeutique en l’absence de preuve d’efficacité et de rapport bénéfices-risques positif démontré chez les patients constitue une mise en danger de la vie d’autrui ». En effet, le protocole propose des associations de médicaments contre indiquées et donc dangereuses pour les patients qui en suivraient les instructions :  « certains traitements peuvent s’avérer toxiques et leur inefficacité sur l’infection à Sars-Cov-2 peut entrainer un retard de prise en charge et sont susceptibles d’aggraver le pronostic de cette pathologie potentiellement mortelle », ont déclaré les médecins de « No fake Med » dans un communiqué. 


Ainsi, l’Ordre des médecins alerte sur la circulation active de ce protocole qu’il qualifie de « dangereux ». Le Conseil de l’Ordre des médecins (Cnom) a transmis l’information à la Haute Autorité de santé (HAS) et à l’Agence du médicament (ASNM) afin que ces dernières puissent vérifier la conformité du protocole. L’Ordre des médecins rappelle également que « tout médecin doit exercer la médecine conformément aux données acquises de la science, tant dans l’élaboration du diagnostic que dans la proposition d’un traitement ». 


Interrogé par la Députée Martine Wonner le 9 février dans le cadre des questions aux gouvernement, le ministre de la Santé s’est exprimé sur le sujet : « vous avez tour à tour vanter dans cet hémicycle des traitements dont même les auteurs considèrent désormais qu’il n’était pas efficace », avant de rappeler à la députée la dangerosité qu’implique le relai de telles allégations. 


  • Non, les laboratoires ne sont pas exemptés de leur responsabilité en cas d’effet indésirable


En novembre 2020, deux mois avant le lancement de la campagne de vaccination en France, la Députée du Pas-de-Calais, Marine Lepen, évoquait l’existence d’une clause dans le contrat entre l’Union européenne et le fabriquant du vaccin « qui indique que, s’il y a des effets néfastes ou nocifs, l’Union européenne s’engage à ne pas aller devant la justice contre le fabriquant du vaccin ». Cette idée a largement circulé sur les réseaux sociaux ainsi que sur des sites « covido-sceptiques ». 


Ainsi, le 16 novembre, la ministre déléguée à l’industrie, Agnès Pannier-Runacher s’est exprimée sur le sujet, déclarant que ce n’est pas vrai, et que de toutes les façons, si une telle clause existait, elle serait « réputée non-écrite » (une clause réputée non écrite est une clause abusive, contraire à la loi qui ne peut être appliquées) ; avant de clore le débat en rappelant  que « la loi prévoit que le producteur est responsable du dommage causé par un défaut de son produit ». Dans le cas où un laboratoire pharmaceutique aurait fait preuve de négligence, la ministre a ajouté que ces derniers  passeraient « évidement devant les tribunaux avec une indemnisation à la charge du laboratoire pharmaceutique ». 


Par ailleurs, s’il existe bien des garanties financières pour les fabricants en charge de la production des vaccins, réalisée dans un contexte inédit avec des contraintes de temps inédites dans l’histoire de la vaccination, l’indemnisation ne peut se faire que dans des conditions très spécifiques. Ainsi, la ministre déléguée chargée de l’industrie déclarait que « dans le seul cas où l’Union européenne partagerait la charge (…) ce serait la survenue d’un épisode qui serait nuisible et pas connu, ni par nous, ni par le laboratoire pharmaceutique (…) et pour lequel le laboratoire pourrait démontrer qu’à chaque instant, il a fait preuve de transparence ».


Pour des raisons de confidentialité, la Commission n’est pas en mesure de publier les contrats signés avec les entreprises pharmaceutiques. Néanmoins, cette dernière a rappelé que : « Les règles de l'UE en matière de responsabilité du fait des produits exigent que cette responsabilité incombe toujours à l’entreprise ».


  • La mort de 50 résidents d’EHPAD suite à une première injection de dose de vaccin est une fausse information


À la mi-janvier, de fausses informations circulaient sur twitter, faisant état de la mort de 50 personnes suite à une première injection de vaccin, dans les Alpes-Maritimes. La une de Nice-Matin, relayée par des comptes anti-vaccin, fait en réalité état de la mort de 50 personnes dans un EHPAD liée au Covid-19, et non pas aux conséquences de la vaccination. 


  • Les accusations de Nicolas Dupont-Aignan sur le refus gouvernement de mener « des études impartiales » ainsi que « d’ouvrir le débat » sur les traitements alternatifs au Covid-19 sont erronées. 


Le 19 janvier sur BFM TV, Nicolas Dupont-Aignan était l’invité de Jean-Jacques Bourdin. À cette occasion, le président de Debout la France! reprochait au gouvernement de ne pas ouvrir le débat sur les traitements alternatifs et de ne pas avoir lancé d’études « impartiales ». 


Tout comme le champ scientifique est autonome et indépendant, le débat scientifique est, lui aussi, autonome et doit se dérouler indépendamment des tendances politiques et de l’opinion publique. En d’autres termes, le gouvernement ne peut orienter, fermer ou ouvrir le débat scientifique. Orienter le débat scientifique reviendrait à délimiter une « médecine officielle », ce qui est au contraire au droit à la protection de la santé. 


Ainsi, le débat a été ouvert en toute indépendance par le corps médical. Les stratégies thérapeutiques, quant à elles, sont élaborées selon les données acquises de la science comme en convient le code de déontologie médicale. 


Naturellement, les données acquises par la science ne sont pas toujours définitives. Par conséquent, elles peuvent être remises en cause et remplacées par de nouvelles données, validées par consensus lors de débats dans les cercles scientifiques - et non pas dans le débat public, sur des plateaux télévisés. En effet, le code de déontologie interdit au chercheur de  présenter un traitement novateur au grand public sans qu’il ait été validé scientifiquement par consensus, obligeant ainsi le chercheur à soumettre le résultats de ses recherches à la communauté scientifique - car c’est bien elle qu’il doit convaincre en premier lieu. 


  • Non, une prime de 5 000 euros n’est pas attribuée aux hôpitaux qui déclarent un décès dû au Covid. 


L’idée selon laquelle les hôpitaux gonfleraient volontairement - et de manière artificielle - le nombre de décès liés à la Covid-19 afin de bénéficier de primes de 5 000 euros revient régulièrement sur les réseaux sociaux ainsi que sur certains sites non officiels, et peut susciter des interrogations de la part des citoyens. 


Par conséquent, nous vous assurons qu’une prime de cette nature, n’existe pas, et n’a jamais existé. Aucune aide financière n’est attribuée aux hôpitaux sur le critère du nombre de décès liés au SARS-Cov-2. 


S’il existe bien des « primes Covid », ces dernières sont destinées aux personnels des établissements de santé publics et privés qui ont été mobilisés pendant la crise. 


Le ministre de la Santé s’est exprimé à ce sujet le 4 novembre devant les parlementaires, dans le cadre d’une commission d’enquête, fustigeant la rumeur : « Je veux bien essayer de tout comprendre mais il y a des choses qui dépassent l’entendement. Je vais essayer de rester calme mais je trouve ça insultant pour les soignants, pour les médecins, pour les équipes, pour les familles de malades, pour les malades eux-mêmes ». 


Par ailleurs, cette fausse information - qui a d’abord circulé en Belgique - avait déjà été démentie au mois de septembre. 

  • Non, l'Institut Pasteur n'a pas créé le Corona Virus.

Plusieurs fausses informations ont visé l'Institut Pasteur depuis le début de la pandémie. L'une d'entre elles a fait beaucoup de dégâts. Sur les réseaux sociaux, un homme affirme que l’Institut Pasteur a créé le Covid-19. Selon cette vidéo largement relayée par les réseaux sociaux, le virus aurait été créé par des chercheurs français il y a une quinzaine d'années. 


En retrouvant une "déclaration d'invention de 2004", l’auteur de la vidéo pense avoir trouvé le brevet de l'actuel coronavirus. Néanmoins, le document publié en 2004 ne détaille pas la création d'un virus, mais celle d'un projet de vaccin. De plus le brevet déposé est basé sur des séquences génétiques du SARS CoV-1, un autre coronavirus. « Ce que nous avions fait à l'époque, c'est déposer ces séquences pour pouvoir les utiliser pour mettre au point des candidats vaccins », explique le professeur Olivier Schwartz, directeur virus et immunité de l'Institut Pasteur.

Cette fausse information a eu de graves conséquences sur l'Institut Pasteur. Harcèlement des chercheurs et scientifiques, menaces, graffitis sur les murs,  etc. Cette fake news a pris une telle ampleur, que l'Institut Pasteur a publié une vidéo de démenti. Le démenti ne suffit pas à éteindre la fake news qui est reprise dans le documentaire Hold-Up. En septembre, l'auteur de la vidéo a été reconnu coupable de diffamation.


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